Historique de l’église
Le texte de la plaque située au-dessus de la porte d’entrée dans le pronaos datant de 1898 nous éclaircit le mystère du nom de ce saint lieu de culte: aux temps d’autrefois les cigognes ont construit leur nid sur le toit en bardeaux de l’église, et c’est pour ça que les indigènes l’ont nommée Cuibul cu barză – Nid de cigogne.
Les origines de ce saint édifice se perdent dans la nuit des temps. Les premières informations concernant l’existence d’une église sur cette place remontent seulement au XVIII ème siècle, lorsqu’il y avait une petite église au côté sud du Podul de Pământ – Pont de Terre (devenu ultérieurement la rue Ştirbei Vodă), près du carrefour rue Berzei, qui avait été détériorée avant l’année 1760. Une nouvelle de 1766 où l’on parle d’une église bâtie par Anastasia Cantacuzino dans le faubourg Podul de Pământ n’est pas confirmée par le Grand intendant Mihai Cantacuzino.
Une nouvelle église, plus grande, a été construite à la place de cette église par le pieux chrétien Dona le Sommelier[2] et sa femme Zamfira aux environs de 1760 ayant comme patron Saint Martyr et Archidiacre Étienne. Cela est consigné sur la dalle funéraire mise en 1830, après la mort des fondateurs, sur leur tombeau qui se trouve dans le naos de l’église.
L’église a été successivement restaurée en 1853, 1877 (lorsqu’on a reconstruit la grande tour) et complètement rénovée en 1898 avec le concours de l’architecte T. Dobrescu. Toujours en cette année le prêtre peintre Vasile Damian a réalisé la peinture dans le style néo byzantin, les piliers qui séparaient le naos du pronaos ont été détruits et le portique a été fermé pour faire place à un autre portique avec trois arcades en accolade. L’église a été aussi ajoutée sur la liste des monuments historiques.
À la suite des détériorations provoquées par le tremblement de terre de 1977 l’église a été consolidée à partir de l’année 1984 par le souci du prêtre Vasile Axinia et l’aide de l’architecte Gheorghe Naumescu, par la mise en place de trois ceintures en béton armé liées entre elles par des petits piliers et le renfort de la tour du pronaos. Un médaillon de mosaïque réalisé par les frères Profeta a été appliqué sur la façade ouest. La peinture a été effacée et ravivée par madame Virginia Videa.
À la fin des travaux de restauration en 1987 l’église a été incluse sur la liste des églises qui allaient être démolies en vue du nouvel aménagement urbanistique de la zone Ştirbei Vodă. On a trouvé finalement une solution pour sauver ce monument en le déplaçant le 22 février 1988 sur 12 mètres au sud. L’église Saint Étienne – Nid de cigogne (Cuibul cu barză) achève ainsi la série de monuments déplacés en Bucarest par l’équipe de spécialistes dirigée par l’ingénieur Eugen Iordăchescu.
L’église est rouverte et sanctifiée à nouveau le 21 novembre 1990.[2]
Pr. Daniel Benga, Ph.D.
[1] Le sommelier était la personne qui avait la charge de la table et des vivres dans une maison royale ou seigneuriale dans les Pays Roumains à l’époque médiévale.
[2] Les informations sur l’historique de l’église ont été recueillies de: Nicolae Stoicescu, Repertoriul bibliografic al monumentelor feudale din Bucureşti, Ed. Academiei Române, Bucreşti, 1961, p. 194; Bisericile osândite de Ceauşescu. Bucureşti 1977-1989, Ed. Anastasia, Bucureşti, 1995, p. 26-27.